e
331 ans apres (oui, je sais, 333 aurait ete mieux, mais l'on ne triche pas avec l'histoire), le grand incendie s'est rappele a notre bon souvenir hier soir sous la forme d'un grand feu de joie a base de motos Yamaha, au pied de la Shoreditch House, ou je me trouvais en train de boire moultes verres de vin blanc au bord de la piscine.
Shoreditch House, c'est la branche bobo et tout recemment ouverte de la Soho House, un membership club tres chic et tres publicitaire dans son recrutement, qui propose pour la modique somme de quelques centaines de livres par mois, un acces exclusif a une salle de sport, un restaurant, un bar de nuit, plein de trucs, et - seulement pour Shoreditch - une piscine. Il se trouve que Shoreditch House occupe les 3 derniers etages du Biscuit Building, l'immeuble ou je travaille, et que tous les Mother people se sont vus offrir le membership a un tarif privilegie, ce qui fait que SH est rapidement (en 1 semaine) devenue une annexe de l'agence. C'est une joie, et une souffrance. Une joie, parce que les non-Mother members sont insupportablement snobs et que la simplicite des Mothers fait du bien. Une souffrance, parce qu'on ne peut pas longer la piscine sans courir le risque d'y etre catapulte par un plaisantin.
Revenons-en a l'incendie. Ces motos ne se sont pas embrasees toutes seules, et l'idee d'un gang de pyromanes s'attaquant aux biens des bobos-membres de Shoreditch House ne doit pas faire tellement plaisir a ses administrateurs. Acte politique ou acte gratuit, c'est un exemple parmi d'autres des frictions qui naissent de la gentrification acceleree du quartier. Meme s'il est envahi par des riches qui jouent a s'encanailler, meme si les habitants "historiques" (ils habitent la depuis 1 an 1/2 de plus que les autres) s'offusquent de sa perte d'authenticite, l'Est de Londres conserve quand meme une vraie identite, bien plus pregnante aux yeux du neophyte que les Batignoles ou meme Montmartre.
Et surtout, l'emergence de ces nouveaux nantis qui jouent aux gitans est maintenant integree a la culture du quartier, et devient source d'inspiration pour les urbains locaux... comme en temoigne cette vibrante expression de l'acuite du contraste fond/forme...






